27 mars 2008

Follow the White Rabbit

L'univers de Larry & Andy Wachowski se décline au cinéma, en dessin animé, en jeu vidéo et, maintenant, en comics grâce à ce premier recueil publié par Panini : Matrix Comics volume 1. Choisissez la pilule bleue et vous oublierez tout et vivrez dans une parfaite ignorance, prenez la pilule rouge et plus rien ne sera jamais comme avant...

Au cas où certains ne connaîtraient pas la trilogie, petit rappel des faits : le monde n'est qu'une vaste supercherie, une chimère superposée à l'horreur du réel. Tandis que les machines nous cultivent, nous rêvons nos vies, prisonniers de la Matrice. Pourtant, certains sont libres, certains voient à travers les programmes et tentent d'agir pour reconquérir la liberté perdue. Une mission peu aisée étant donné que la plupart des prisonniers n'ont même pas conscience de vivre dans une prison et que certains préfèrent la beauté du virtuel au cauchemar de la réalité.

Les bases étant posées, il faut savoir que les frères Wachowski ont décidé de raconter leur histoire à travers divers supports. Ainsi, les Animatrix couvraient des pans de l'univers Matrix qui n'étaient pas abordés dans les films (les évènements ayant abouti à la révolte des machines par exemple). Pour cette première série de comics, il s'agit également d'histoires originales et non d'une adaptation de ce que l'on a pu voir au cinéma.

En ce qui concerne les auteurs ayant travaillé sur ce projet, ils sont nombreux et certains très connus. Les Wachowski ont eux-mêmes scénarisée la première histoire, secondés au dessin par Geof Darrow, génial concepteur de bon nombre d'éléments de la trilogie. Bill Sienkiewicz, Neil Gaiman (qui a carrément écrit une nouvelle illustrée plutôt qu'un comic), Dave Gibbons, ou Ted McKeever font également partie de l'aventure.
Les 12 histoires courtes rassemblées ici sont très différentes les unes des autres, ne serait-ce que par l'ambiance graphique. L'on passe du noir & blanc aux couleurs les plus vives, d'un style réaliste à des personnages cartoony et grotesques, bref, ce n'est pas l'homogénéité qui a été recherchée. Ce n'est d'ailleurs pas déplaisant, on assiste à un défilement d'instants particuliers, de tranches de vie presque, évoquant à chaque fois un aspect de Matrix, chaque personnage réagissant différemment aux atrocités auxquelles il est confronté. Le résultat est une suite de violence et de paranoïa, de poésie et de tristesse, d'espoir et de ténèbres.

Voilà un recueil que j'attendais avec impatience et j'avoue avoir pris un grand plaisir à me plonger de nouveau dans ce monde fascinant. Ce produit semble cependant réservé aux fans ou, au moins, aux lecteurs ayant vu le premier Matrix sur grand écran. Dernière précision : pas de Neo ou de Trinity ici, on parle uniquement de parfaits inconnus, seul B1-66ER rappellera quelque chose à ceux qui ont vu The Second Renaissance.

"N'as-tu jamais fait ces rêves Neo, qui sont plus vrais que la réalité ?"
Morpheus