23 juin 2008

Onslaught Reborn : mêmes ingrédients, même résultat

Panini a choisi la mini-série Onslaught Reborn pour remplir le Marvel Heroes hors série #2. Le choix est à l'image de l'éditeur.

Avec un peu de malchance vous connaissez déjà la saga Onslaught (rééditée récemment en Omnibus) et si vous continuez à lire des comics Marvel, c'est que vous êtes patients ou très indulgents. Dans les deux cas, rien ne vous préparait à un retour d'un Onslaught qui, dans la large galerie des vilains de second ordre, est sans doute celui qui suscite le moins d'intérêt (même un Shocker semble, en comparaison, tout de suite plus excitant, c'est dire).
Bon, ça tombe bien, je suis d'une humeur encore plus hargneuse que d'habitude, ça m'évitera de tourner autour du pot.

La mini-série est signée Jeph Loeb (ah ?) et Bob Liefeld (oh !). Autrement dit, on n'a pas à "subir" les retards du dessinateur. C'est un avantage et vous avez intérêt à vous le carrer profond (ou à vous le mettre gentiment dans un coin de votre esprit si vous êtes d'une nature sensible) parce que y'en aura plus. D'un point de vue graphique, cette histoire est tout à fait honorable, mieux, son côté 90's peut être rafraîchissant. En ce qui concerne l'intérêt global ou la narration, c'est tout simplement à chier. Il est rare que je sois aussi peu nuancé (sisi, regardez bien, même quand je n'aime pas, je ne "descends" pas vraiment les auteurs) mais là, c'est de la merde et, en plus, j'ai pas le moral.

On commence, évidemment, par une sorte de piège à cons en surfant sur les conséquences de House of M. Mieux, on termine avec Civil War et la mort de Cap. A part ces tentatives désespérées de rattacher ce semblant de récit à la continuité "normale", rien ne ressort de cet affrontement ennuyeux et poussif (on va de toute façon très vite évoluer dans une contre-terre dont on se fiche et à laquelle le lecteur s'attache autant qu'à son premier stylo bic, tant elle est jetable par définition).
Onslaught, c'était déjà pas bien bandant à l'époque, là, c'est encore pire. Le déploiement de Héros (Vengeurs, FF, mutants) n'y fait rien, tout tombe à plat dans un manque d'intérêt total. Même le nouveau personnage, censé être introduit à la fin dans la réalité 616, est aussi affriolant qu'une notice Ikea lue par un Patrick Poivre (d'ailleurs, même Christian Grasse avoue ne rien y comprendre dans son speech final, ce qui nous change de ses approximations mensuelles). Cela donne une petite idée de l'infini dans ce qu'il a de plus médiocre (autrement dit, on se fout tellement de ce perso que l'on espère ne plus jamais le revoir, ce qui est loin d'être l'effet souhaité).

Si vous avez aimé Onslaught et Heroes Reborn (donc, en gros, si vous êtes peu regardant sur la qualité ou auteurs de ces épisodes), vous devriez aimer ce...machin, étant donné que tous les défauts d'origine sont présents : histoire inexistante, combats ennuyeux, dialogues écrits par un stagiaire arraché à "The Young and the Restless" et qui aurait une chiasse fulgurante, bref, pour faire pire, il faut s'adresser à des auteurs français.
Vu le nombre de séries de qualité inédites en VF, l'on peut, du coup, pendant que l'on vomit sur ce truc indigeste, se demander si une sorte d'ébauche de ligne éditoriale réelle ne rendrait pas service à la sandwicherie. Même entre deux grumeaux qui remontent par le nez, la réponse reste évidente.

ps : à un moment, dans ce comic, l'on vous parle d'un "film avec Denzel", sans que la traductrice ne fasse l'effort de se fendre d'une note de bas de page. Pour ceux qui ne comprendraient pas à quoi il est fait allusion, sachez qu'il s'agit de Denzel Washington et du film Fallen (Le témoin du Mal).
De rien.