20 septembre 2008

Penance : Souffrance & Rédemption

Robbie Baldwin est de retour dans l'arc Penance : Relentless publié hier dans le Marvel Icons hors série #14. Une manière d'en finir avec Stamford ?

Depuis le drame de Stamford, qui a coûté la vie a plus de 600 personnes et engendré le conflit qui a déchiré la communauté surhumaine, le jeune Baldwin, anciennement Speedball, est devenu Penance. Hanté par les morts qu'il a indirectement causées, l'ancien héros a connu une véritable descente aux enfers, avec notamment un passage très dur en prison.
L'homme le plus haï d'Amérique fait aujourd'hui partie des Thunderbolts. Il est mentalement déséquilibré, paranoïaque, souffre de problèmes psychologiques liés au stress post-traumatique et a développé des troubles obsessionnels compulsifs autour d'étranges nombres qu'il ressasse pendant des heures. Mais, surtout, Penance n'a pas oublié Nitro, aujourd'hui enfermé en Latvérie. Et pour se venger, il pourrait bien aller jusqu'à raser ce pays et entraîner les Etats-Unis dans un nouveau conflit...

Le personnage de Penance est des plus intéressants, il est ici aux mains de Paul Jenkins qui construit un scénario haletant dans lequel apparaissent les Thunderbolts, les Fantastic Four, Iron Man ou encore Wolverine. L'histoire peut être comparée à un récit à suspense mélangeant différents genres comme l'espionnage ou l'action pure mais son intérêt principal vient bien du côté sulfureux d'un Baldwin qui non seulement tire ses pouvoirs de sa souffrance mais finit par y prendre un certain plaisir, allant même jusqu'à plonger dans l'univers littéraire érotique et cruel du Marquis de Sade. On est très loin du gentil et insignifiant Speeball des New Warriors !

C'est à Paul Gulacy (Hyperion vs Nighthawk) que l'on doit les dessins de cette mini-série. Outre les problèmes de proportions déjà signalés sur ses travaux précédents, l'on peut constater parfois des erreurs de perspective assez flagrantes ainsi qu'une manière très statique de représenter certains protagonistes, ce qui leur donne une pose étrange les faisant ressembler à des figurines articulées. Un peu dommage d'autant que les décors ou les gros plans sur les visages sont, eux, plutôt réussis.
La traduction française, comme toujours, affiche ses coquilles habituelles ("statisquement" au lieu de "statistiquement") et ses particularités purement paniniennes (comme le maintenant traditionnel "ç'a été", à base d'élision aussi stupide que douloureuse).

Une bonne histoire mettant en scène un personnage borderline et nécessitant un minimum de connaissances sur les évènements récents (Civil War, le tie-in CW : Wolverine et les Frontline de Jenkins essentiellement) pour se plonger dedans sans se sentir trop perdu. Les petits défauts graphiques n'entament pas vraiment la qualité de l'ensemble.