21 décembre 2008

Marvel Omnibus : Saga du Clone, suite et fin

Un second et imposant Marvel Omnibus vient clôturer la célèbre Saga du Clone de notre vieux Spider-Man. Hop, on passe en revue le pavé !

Peter Parker était un clone. Résigné à s'occuper de sa petite famille, il part à Portland avec Mary Jane et laisse la place au Spider-Man original : Ben Reilly. Et c'est toute une vie que ce dernier doit reconstruire. Trouver un boulot, un appart, se faire ses propres amis, voilà qui n'a rien d'évident, d'autant que sa ressemblance avec Parker l'oblige à éviter les lieux qu'il fréquentait.
Alors que les choses commencent à s'arranger, c'est un nouveau cauchemar qui débute. Quelqu'un, dans l'ombre, va s'ingénier à détruire la vie de Reilly. Tous les moyens seront bons pour l'atteindre et faire écrouler son univers. Même MJ et son futur bébé sont maintenant en danger. Mais face à l'adversité, ni Ben ni Peter n'ont jamais baissé les bras. Les Spider-Men ne se laisseront pas anéantir sans combattre. Jusqu'à la mort s'il le faut...

Délai tenu ! J'avais été un peu mauvaise langue (c'est pourtant pas mon genre hein ?) lors de la sortie de la première partie de cette saga en prétendant que le volume suivant aurait du retard, que nenni, il est bel et bien disponible, avant les fêtes, prêt à faire un beau cadeau de dernière minute. Beau et massif d'ailleurs puisque la bête contient tout de même 39 épisodes, soit près de 900 pages. Les auteurs sont nombreux, Dan Jurgens, Todd DeZago, Howard Mackie, Tom DeFalco au scénario, Mark Bagley, John Romita Jr, Sal Buscema, Luke Ross, Steve Skroce, Mike Wieringo ou encore de nouveau Jurgens au dessin. L'épopée s'étale cette fois de 1995 à fin 96 à travers les différentes séries arachnéennes de l'époque.

Parlons tout de suite du moins bon. Le début de l'ouvrage, un tiers environ, se révèle assez peu palpitant, la faute en revenant sans doute à un vilain peu charismatique (la version féminine de Doc Oc) et à une intrigue tournant autour d'une réalité virtuelle dont la représentation apparaît, de nos jours, relativement kitsch. Heureusement, le récit, après un temps de décantation, finit par trouver son rythme. Parker "s'exile", Reilly arrive sur le devant de la scène, d'abord en Scarlet Spider puis en nouveau Spider-Man, une machination assez complexe se met en place, d'anciens et emblématiques vilains (comme Mysterio ou le Super Bouffon) refont surface, bref, le lecteur se laisse prendre à un jeu bien connu mais efficace.
Si au niveau du Net les auteurs semblaient un peu perdus dans une sorte de conception bizarre à la "Tron", certains épisodes paraissent aujourd'hui quelque peu en avance sur leur temps, notamment "Crimes contre la nature" qui met en avant des thèmes écologiques à une époque où ils n'étaient pas encore forcément très à la mode. L'espèce de créature présente dans cet épisode a d'ailleurs comme un vague cousinage, au niveau de l'aspect et du thème, avec Man-Thing.

Le final (on le connaît tous normalement mais bon, je vais essayer de ne pas trop le dévoiler pour éviter de léser les plus jeunes d'entre nous) est à la fois dramatique et apocalyptique, avec le retour d'un ennemi bien détestable et la mort (réelle et définitive, snif) de plusieurs personnages. Le recul de Marvel (sur les changements éditoriaux prévus) n'est finalement pas si mal et la saga, bien que fort longue et connaissant des creux, se révèle terriblement cruelle. L'on peut retenir quelques scènes, à la fois calmes et belles, comme ce moment où Ben et Peter se retrouvent dans un grenier pour trier leurs souvenirs communs. L'original et le clone sont proches - plus que des frères comme ils le disent eux-mêmes - et cette accalmie avant la tempête, joliment teintée de nostalgie, n'en est que plus touchante.
Notons, pour l'anecdote, que le Ben Reilly de l'époque, lorsqu'il se retrouve seul à New York, est retourné aux fondamentaux du personnage de Spider-Man (célibat, système D pour bricoler de la toile et trouver du pognon, petits boulots et flirts contrariés par son activité, etc.), tout comme le Peter Parker actuel après le contesté (et contestable) One More Day (cf également un sujet plus polémique ici).

Un livre dense qui commence lentement et se termine en apothéose. Un joli retour sur une période houleuse, tant pour Spidey que pour Marvel.

"Ce sont mes amis. Ils sont toujours là quand j'ai besoin d'eux. C'est une terrible épreuve pour Mary Jane et moi, et ils sont venus nous soutenir. Ce n'est pas vraiment ce qu'on voulait. On voulait faire comme si de rien n'était. Garder notre détresse pour nous, oublier ces histoires de clones. Mais nos amis ont insisté pour que nous nous réunissions, que nous fassions notre deuil. Ils ignoraient tout de la situation. Tout ce qu'ils savaient, c'est qu'un ami avait besoin d'eux. Alors... ils sont venus."
Peter Parker. L'original.