25 février 2011

Irrécupérable : Trahison

Suite du pétage de plomb super-héroïque avec le tome #2 de Irrécupérable.

Le Plutonien, ancien protecteur de l'humanité, est devenu la pire des menaces qu'elle ait eu à affronter. Les membres du Paradigme tentent de mettre un terme à sa folie meurtrière en se mettant en quête d'un éventuel point faible, peut-être caché au sein de sa citadelle.
De son côté, le Plutonien ressasse aigreurs et haine trop longtemps contenue. Il rend visite à son ancienne famille adoptive dont les membres sont visiblement terrorisés. Pour ne pas risquer d'être repérés par le surhomme et ses sens hors du commun, ils n'ont d'ailleurs plus prononcé un mot depuis son départ, se condamnant à une vie de silence pour préserver leur semblant de sécurité.
Le Plutonien se sent seul, incompris, mal aimé... il a passé un point de non retour et ne peut plus faire face à la source de son ressentiment qu'en cherchant à l'éradiquer par la violence.
Alors qu'un vieil ennemi de l'ex héros refait discrètement surface, l'armée s'en mêle également et décide de ne pas faire dans la finesse en stoppant tous les surhumains, membres du Paradigme compris, quitte pour cela à employer des moyens peu conventionnels.

Après un excellent premier tome, voici donc la suite de la série de Mark Waid (scénario) et Peter Krause (dessin). L'on reprend l'action là où l'on en était resté et, malgré un petit résumé présent, il n'est pas évident d'immédiatement rentrer dans l'intrigue après ces quelques mois. Un petit topo sur les différents personnages n'aurait peut-être pas été de trop, histoire de se remettre plus facilement dans le bain.
Passé ce petit temps d'adaptation nécessaire, l'on retrouve avec plaisir l'écriture efficace de Waid. Ce dernier dévoile un peu plus le passé, douloureux, du Plutonien. L'on remarque que, contrairement à ce que l'on aurait pu croire, ses premières "gaffes" remontent à fort loin. Son état psychologique actuel n'est donc pas entièrement dû au seul manque de reconnaissance d'une population toujours plus exigeante, ce qui permet de nuancer le propos et de faire gagner le personnage en complexité. Difficile en effet de rester serein et sain d'esprit lorsque vos propres proches vous craignent ou qu'il vous est impossible de coucher avec votre petite amie sans lui faire courir des risques physiques importants. Cet aspect effrayant des pouvoirs, mais aussi les inconvénients qui vont avec, sont ici bien mis en avant et contribuent largement à contrebalancer l'image, souvent idéalisée, du super-héros.

Les six épisodes de ce recueil sont suivis d'un court récit (six planches) issu de Irredeemable Special #1. Waid y fait cette fois équipe avec Howard Chaykin et présente un ancien super-criminel, Max Damage, en quête de rédemption depuis qu'il a survécu au carnage de Sky City. Une page explicative permet de replacer cette histoire dans la chronologie des évènements et décrit même les pouvoirs de l'individu en question.
L'ouvrage se termine sur une petite galerie de covers alternatives.

Un titre qui conserve tout son intérêt et permet de dévoiler le côté sombre du mythe super-héroïque.