28 mars 2011

Mercy Thompson : Bit-Lit en Comics

Des vampires, des loups-garous et une "changeuse" sont au menu de Mercy Thompson - Retour aux Sources que nous découvrons tout de suite.

Mercedes Thompson vient de Portland, elle cherche un job en tant qu'enseignante mais, surtout, elle a une particularité ; elle peut se transformer en coyote. Dans un monde peuplé par des buveurs de sang et diverses autres créatures de la nuit, rien de bien extraordinaire.
Mercy va cependant vite connaître quelques déboires. Elle rate son entretien d'embauche, doit travailler comme mécanicienne chez un vieux grincheux et se retrouve en plein milieu d'une guerre opposant la meute du bassin de Columbia à des loups solitaires particulièrement violents.
La jeune fille, loin d'écouter les prudents conseils de Bran, le Marrok l'ayant élevée, va entrer elle aussi dans le conflit, essentiellement pour venir en aide à un petit garçon.
La coyote sera-t-elle de taille face aux monstres, bien plus puissants, qu'elle doit affronter ?

Tout d'abord, une petite explication s'impose sur le terme bit-lit. Il s'agit d'un sous-genre de l'urban fantasy, mettant en scène des créatures fantastiques dans un monde contemporain avec une touche féminine appuyée (tant par les héroïnes que le public généralement visé). Du fantastique propret avec une touche de romance quoi.
Dans le cas présent, nous nous intéressons à la déclinaison BD de Mercy Thompson, une série de romans à succès signée Patricia Briggs. Cette histoire n'est pourtant pas tirée de l'un de ses romans et a été spécialement co-écrite pour ce nouveau support, avec l'aide de David Lawrence (qui s'est chargé de véritablement séquencer ce qui était plutôt à la base une nouvelle). La partie dessin a été confiée à Francis Tsai et Amelia Woo. Graphiquement, le résultat est loin d'être hideux mais souffre de quelques maladresses : certaines postures manquent de naturel, les traces de coups sur les visages sont assez mal rendues et, surtout, la prise en main des armes par les personnages est catastrophique. Dans la réalité, quelqu'un qui tiendrait un fusil de cette façon aurait bien plus de chance de se blesser que de toucher une éventuelle cible.

Reste l'intrigue, c'est à dire pas grand-chose. Mercy est aussi charismatique qu'un tube de dentifrice, ses adversaires sont insipides et la conclusion de l'histoire est vite expédiée (ce qui n'est peut-être pas un mal tant son développement n'avait déjà pas le moindre intérêt).
Les défauts évidents de ce comic sont si nombreux (l'on peut encore citer les transformations, visuellement ratées, ou encore le côté caricatural et fadasse des vampires) qu'il est peu probable qu'il trouve un public en dehors des fans des romans (il paraît qu'il y en a... sans doute ceux qui sont allés voir Twilight).
Ce ratage pose également la question de la légitimité des romanciers en tant que scénaristes de BD, surtout lorsqu'ils semblent ne pas vraiment en lire et en ignorer les codes et le fonctionnement. Et encore, ici, Briggs s'est fait adjoindre un "spécialiste". On se demande ce que ça aurait donné sans.
Une galerie d'illustrations et une interview de la romancière complètent l'ouvrage.

La bit-lit ? Non Mercy.