18 juin 2012

Kick-Ass : la suite

La suite de Kick-Ass est disponible en librairie depuis quelques jours. Petit retour sur le "réalisme" façon Millar.

Dave Lizewski, adolescent fan de comics et peu populaire dans son école, continue d'endosser le costume de Kick-Ass, premier super-héros du monde réel. Alors qu'il est encore sous le coup de sa récente victoire contre deux boss mafieux, son entrainement se poursuit avec l'aide de la déjà expérimentée Hit-Girl.
Bientôt, le jeune homme fait des émules et est rejoint par de nouveaux apprentis héros, de tous âges.
La première équipe de super-héros, Justice Eternelle, naît alors.
De son côté, Red Mist, pour venger son père, décide de fédérer un maximum d'aspirant criminels. A la tête d'une petite armée, il pourra passer à l'action et s'en prendre aux proches de Dave...

Le même tandem est à l'origine de cette suite, l'on retrouve donc Mark Millar (Trouble, Superior, Superman, Wolverine, Nemesis, Wanted) au scénario et John Romita Jr au dessin.
La première partie de cette trilogie (cf cette chronique) avait fort bien démarré avant de s'écarter du postulat de départ - les déboires d'un "vrai" héros, sans pouvoirs - et de tourner à la farce, avec notamment l'intervention d'une petite fille peu crédible, sorte de Punisher version Ninja. Ce qui aurait pu être une habile réflexion sur l'héroïsme devenait alors un simple divertissement.
Cet aspect se retrouve bien entendu dans ce deuxième opus. Du réalisme revendiqué, il ne reste plus rien, ou en tout cas pas grand-chose. Entre le gamin commandant une horde de malfaiteurs, dont une ex garde du corps de Poutine (?!) et les improbables justiciers rejoignant Kick-Ass, difficile de voir autre chose qu'un simple pastiche des séries mainstream les plus connues, Avengers ou Justice League of America en tête.

Malgré tout, si l'on fait abstraction de cette vraie-fausse réalité et d'une certaine violence à la limite de la gratuité, ces quatre épisodes ne sont pas si désagréables, notamment le final, dramatique et mettant en cause tous les porteurs de masque, qu'ils soient ou non du bon côté de la loi.
Malheureusement, l'on sait maintenant que si Millar a souvent de bonnes idées, il ne parvient - ou ne souhaite - pas, en général, les exploiter sérieusement et se contente bien souvent de livrer de l'entertainment sans fond, un peu comme s'il ne voyait dans ses récits qu'une farce et dans ses lecteurs que de braves benêts, avides d'action sanglante et de quelques scènes osées. Un peu court en somme, même si l'auteur, en s'auto-complimentant et abusant de superlatifs sur les covers, tente désespérément de se convaincre qu'il écrit une pure merveille. Ou peut-être est-ce encore là le signe de son étrange humour et de cette vision si second degré qu'elle en devient parfois méprisante.

C'est du Millar.
Certains aiment.

+ action (& fun ?)
+/- pastiche
- Millar
- une idée de départ gâchée au-delà du raisonnable