02 octobre 2013

X-O Manowar

Les nouveaux titres Valiant ont débarqué en France, la série X-O Manowar va nous permettre de se faire une idée sur ce que propose cet éditeur.

Aric est un guerrier Wisigoth, fier et courageux, qui lutte contre les puissantes armées romaines. Après une cuisante défaite, Aric et les siens doivent se résigner à battre en retraite. C'est non loin de leur campement, au nord de l'Italie, qu'ils découvrent un moyen de transport aussi étrange qu'imposant, gardés par des hommes en armes qu'ils prennent pour des romains.
Les gardes s'avèrent cependant d'une tout autre nature. Il s'agit d'extraterrestres qui enlèvent Aric et ses hommes et les emmènent à bord de leur vaisseau afin de servir d'esclaves. 
Mais comme on l'a précisé, Aric est fort et courageux, il va donc piquer une armure surpuissante aux esclavagistes venus des étoiles, leur mettre une branlée et retourner sur Terre avec l'idée de dérouiller également les sbires de Rome tant qu'il est chaud.
Problème : Aric débarque bien en Italie, mais de nos jours...

Ouille. Autant le dire tout de suite, lire ce genre de truc est tout de même douloureux. Pourtant, ça partait plutôt bien. Avec Robert Venditti au scénario, l'on pouvait espérer que l'auteur de The Surrogates allait nous pondre quelque chose d'ambitieux ou au moins de correct. Surtout que le côté "Alix au pays des aliens" pouvait être fun. L'idée de placer le début de l'intrigue dans une antiquité finissante est d'ailleurs plutôt originale, malheureusement, la suite est particulièrement décevante.
C'est bien simple, d'un point de vue narratif, on se croirait revenu dans les années 70. C'est aussi mauvais que les récents titres de Stan Lee (The Traveler et cie).
J'en vois déjà un ou deux venir me dire "c'est une question de point de vue, on peut aimer ce genre...", blablabla. Mais non, malheureux étourdi par un enthousiasme inapproprié ! Car le plantage complet n'est pas un genre en soi.
Essayons de voir un peu pourquoi c'est si mauvais.

Tout d'abord le personnage principal, Aric de Dacia, nom prédestiné pour un perso low cost (enfin, comprenez par là que sa série est dépouillée de certains équipements pourtant essentiels, le prix, lui, reste standard) : en quatre épisodes (88 planches quand même !) on n'apprend rien de lui, si ce n'est qu'il possède le charisme d'un paquet de chips au vinaigre. Il n'a pas peur de se battre et il cogne fort, voilà tout ce qui le caractérise. Le stéréotype même du héros fade et lisse. Il pourrait même faire la prochaine pub Carglass.  
Le récit en lui-même constitue presque une caricature de tout ce qu'il est possible de rater dans une histoire : de l'action ennuyeuse (étant donné que l'on se fout du personnage, on se fout encore plus de ce qui lui arrive), des ennemis ridicules, déjà vus cent fois, et enfin la fameuse armure sacrée, qui permet de résoudre toutes les situations en quelques cases, sans aucune construction dramatique ni suspense.
Quant à Cary Nord, qui assure la partie graphique, on l'a déjà vu plus inspiré. Il faut dire qu'illustrer des combats soporifiques ne doit pas être spécialement motivant.

Rien à sauver dans ce bilan désastreux. X-O Manowar se veut nerveux et palpitant, mais il ne suffit pas d'aller vite, en expédiant les scènes, pour arriver à ce résultat. La série souffre d'un amateurisme édifiant, pourtant loué à coups de superlatifs bien exagérés, que ce soit dans le texte de présentation ou sur la quatrième de couverture.
Le pire c'est qu'à en croire certains échos, le relaunch des séries Valiant aurait été plutôt bien accueilli aux Etats-Unis. Et les ventes US, bien que relatives (entre 12 000 et 14 000 exemplaires pour les derniers numéros de Harbinger et Manowar), restent étonnamment élevées en comparaison de la qualité de ces comics, dépourvus du moindre intérêt.
Comme quoi, sur un malentendu, on peut vendre n'importe quoi. 

De l'action décérébrée et sans saveur. 
A éviter. Non, à fuir en hurlant.

+ un héros wisigoth, c'est tout de même rare
- un héros aussi naze, c'est rare aussi
- combats sans enjeux et mal réalisés
- intrigue plate
- narration maladroite