05 juin 2014

Walking Dead à la ramasse

Sortie du tome #20 de Walking Dead. La série poursuit son lent naufrage. 

Ce nouveau volume a beau s'intituler "sur le sentier de la guerre", son scénariste, Robert Kirkman (cf. cette chronique revenant sur son travail), semble plutôt s'être définitivement engagé sur la voie de la décrépitude. Même si l'on est loin des inepties et du catalogue de maladresses du tome #19, ces six nouveaux épisodes ne parviennent pas à rectifier le tir.
Rick, ses compagnons et leurs alliées passent enfin à l'action contre Negan. Malheureusement, et bien que les menaces et les balles fusent, l'on en vient à sombrer dans un ennui total.

S'ennuyer en lisant du Walking Dead, voilà quelque chose que l'on aurait eu du mal à imaginer lorsque l'on se prenait de plein fouet les coups de théâtre et cliffhangers des premiers tomes. Même de simples conversations étaient parfois aussi passionnantes que lourdes de sens.
Bien que les combats s'éternisent ici, encore une fois il ne font guère évoluer la situation. Et surtout, ils sont plats et ternes.
Les nouveaux personnages notamment, bien trop faibles ou caricaturaux, ne permettent plus d'installer la tension et la portée émotionnelle qui constituaient pourtant la marque de fabrique de la série.

Negan est toujours aussi peu crédible (il tue encore l'un de ses hommes sans raison valable, mais personne ne remet en cause son autorité pour autant) et Ezéchiel est aussi inutile que ridicule (la cartouche du brillant monarque aura été bien vite et mal employée).
Les plans et manipulations sont dans la même veine, grossiers et remplis d'incohérences. Par exemple, lors de l'attaque de la communauté des Sauveurs, Rick fait mine de se "sacrifier" pour aller défoncer leur clôture, comme s'il n'était pas possible d'en revenir. Pourquoi ne bloquent-ils pas simplement l'accélérateur du véhicule en lâchant ensuite l'embrayage ? Et en admettant même qu'un chauffeur soit nécessaire, pourquoi la fille qui prend la place de Rick fonce-t-elle comme une demeurée dans le mur derrière la grille ? C'était trop dur de freiner ou de tourner le volant pour ensuite se barrer ?

Les scènes de ce genre passeraient encore si l'on avait toujours au moins la même profondeur en ce qui concerne les protagonistes, mais là encore, de l'ancienne habileté de Kirkman, il ne reste rien.
On nous refait le coup, dès les premières planches, du Rick qui doute et se fait remonter le moral par l'une de ses "fidèles", quant à Carl, malgré tout ce qu'il a traversé, son côté "borderline" - pourtant aussi intéressant qu'inquiétant - a totalement disparu. 
Kirkman, sans doute bien involontairement, est sorti de la brillante étude qu'il menait sur l'Homme (délivré du carcan social et de l'autorité régulatrice) pour basculer vers de l'action insipide. On se balance des grenades ou des tirades ordurières censées être impressionnantes, mais les gesticulations ont lieu dans l'indifférence générale. 

Aucun intérêt, si ce n'est la fascination morbide éprouvée à la vue d'un chef-d'œuvre qui se transforme en merde.

- de l'action plate et ennuyeuse, qui ne débouche sur rien
- des personnages vides, voire ridicules
- une accumulation de plans foireux et d'invraisemblances
- redites & surplace narratif