17 juillet 2014

Benjamin Spark nous menace de représailles judiciaires

Le vol paie-t-il ?
Je viens de recevoir un bien étrange mail aujourd'hui, et j'ai décidé d'y apporter une réponse publique, puisqu'il s'agit de menaces visant à faire modifier l'un des articles de ce blog.

Il y a quelque temps, l'un des rédacteurs de UMAC a consacré un article au "cas" Benjamin Spark (cf. cette chronique). Le bouillant Geoffrey s'y offusquait, avec véhémence et mon autorisation, des pratiques de ce dit "artiste".
Pour ceux qui ne connaissent pas ce douteux travail, il s'agit de piller les œuvres d'artistes véritables, sans les citer, de rajouter deux ou trois lignes de peinture (pour "salir", c'est là l'argument principal) puis de signer le tableau de son nom en le vendant à un prix particulièrement juteux.

Nous sommes tous sur ce blog passionnés par les comics et l'art en général, certains d'entre nous sont également auteurs et par ce fait attachés aux droits de ces derniers, voire même à la simple notion morale qui empêche un véritable artiste de faire un vague collage pour ensuite vendre un travail qui n'est pas le sien, sous le fallacieux prétexte de la "parodie".
Une parodie est une exception au droit d'auteur, mais elle doit avoir un but clairement humoristique et, surtout, elle ne permet aucunement l'emprunt des dessins originaux réalisés par le créateur du personnage "parodié".
La parodie n'a jamais affranchit du travail, ni même du talent.
Elle implique notamment le fait qu'il n'y ait pas de risque de confusion avec l'œuvre originale, ce qui est évidemment le cas lorsque l'on se contente de prendre un dessin d'un grand nom (Lee, Turner, Campbell...) sans le modifier et en le dégueulassant. Le quidam méconnaissant les comics sera forcément attiré par le dessin original et non par les deux pauvres traits ou mots maladroits qui sont les seuls arguments de Spark pour revendiquer la paternité d'un travail qui n'est pas le sien. 

L'article de Geoffrey a donc été sans concession mais conforme à l'esprit de ce blog, qui s'inscrit dans la tradition de publications telles qu'Hebdogiciel, qui en son temps n'hésitait pas à descendre non seulement des œuvres, mais aussi des pratiques jugées iniques.
Cela a valu à l'hebdomadaire quelques déboires, notamment quelques procès, et c'est peut-être ce que va connaître UMAC dans peu de temps à en croire Spark.

Celui-ci nous met en effet en demeure de supprimer cet article dans les 48 heures au motif qu'il y est clairement dit que Benjamin Spark serait un plagiaire, ce qui serait de la diffamation selon le même courriel.
Dans le cas contraire, on nous menace d'une action en justice (car apparemment, monsieur Spark se souvient, quand ça l'arrange, qu'il existe des lois, puis devient amnésique lorsque celles-ci dérangent son racket).

Après réflexion, j'annonce donc publiquement que je choisis d'affronter monsieur Spark devant les tribunaux, et ce pour deux raisons.
D'une part, je suis convaincu que, sur le fond, ce pseudo-artiste est effectivement un plagiaire, et il lui sera difficile de démontrer le contraire devant un juge.
D'autre part, parce que je suis également un fervent défenseur de la liberté d'expression, notamment lorsqu'elle est basée sur des faits et des arguments précis.

Je conviens que l'article en question (encore une fois, écrit avec mon autorisation) est rock n'roll sur la forme, mais il est à la hauteur de l'indignation de son auteur.
Si j'avais été contacté, "gentiment", pour éventuellement en modifier la forme, peut-être l'aurais-je fait, mais il n'est aucunement question d'en modifier le fond ou de le supprimer (ce qui est demandé).

Je n'ai nullement l'intention de laisser un pilleur m'intimider. S'il faut s'expliquer devant la justice, fort bien, nous verrons à qui elle donnera raison.

Une œuvre artistique résulte d'un travail personnel. L'appropriation ridicule, qui consiste à s'enregistrer par dessus un concerto de Bach en toussant, ou à déféquer sur la page 17 du Grand Meaulnes, ne fait pas d'un prétentieux un auteur.