06 septembre 2014

Y le dernier homme : la fin en novembre chez Urban Comics

Retour sur une excellente série, Y the last man, dont le dernier Deluxe sera disponible d'ici deux mois.

Vertigo est véritablement un vivier à comics cultes (cf. cette encyclopédie, consacrée au label). Y the last man fait partie de ces BD qui marquent et se révèlent rapidement addictives. 
Au scénario, Brian K. Vaughan (Runaways, Buffy, Saga). Les dessins sont de Pia Guerra
Les premiers épisodes avaient été publiés par Semic, puis Panini. Cette fois, Urban Comics nous offre une intégrale en Deluxe.
Mais voyons un peu l'histoire pour ceux qui ne connaîtraient pas.

Yorick est un jeune homme charmant, un peu glandeur et passionné de tours de magie. Le genre de type qui n'est pas franchement destiné à devenir célèbre. Pourtant, du jour au lendemain, il devient l'homme le plus convoité au monde. Pour la bonne et simple raison qu'il est - si l'on fait exception de son singe Esperluette - le seul mammifère mâle encore en vie sur la planète.
Ce monde post-apocalyptique dans lequel il va évoluer est donc entièrement constitué de femmes, ce qui a certes quelques avantages mais aussi malheureusement de gros inconvénients, surtout lorsque l'on devient la cible de groupes extrémistes.

La thématique est plutôt originale, riche, et, malgré parfois quelques épisodes un peu "en dessous", Vaughan parvient à conserver un véritable intérêt tout au long de la saga. Yorick ne manque pas d'humour, il fait des rencontres plutôt hautes en couleur et l'on a en gros de bons dialogues, de l'action qui n'empiète pas sur la psychologie des personnages, quelques histoires d'amour et une explication du phénomène qui, si elle est un peu tirée par les cheveux, n'en reste pas moins présente (tous les auteurs ne s'en embarrassent pas forcément).
Les dessins, s'ils ne sont pas désagréables, souffrent un peu du même défaut que ceux de la série Fables : une simplicité qui, en ce qui concerne par exemple les décors, confine au simplisme. Les visages manquent également de diversité, difficile notamment de s'y retrouver dans le paquet de jeunes femmes blondes qui jouent un rôle dans le récit. 

Quelques défauts donc, qu'il est légitime d'évoquer, mais surtout un véritable bon moment de lecture, encore amplifié par une fin qui n'est pas avare de surprises et de chocs émotionnels. 
Le scénariste s'offre en effet ici une conclusion forte, parfois dérangeante, amère mais terriblement réussie. Contrairement à ce que pouvait laisser présager le ton parfois léger de la série (avec notamment le duo contrasté, à la buddy movie, qui se balance des vannes, ou le graphisme, pas franchement "sombre"), ce final est une cascade de crochets au menton et de directs au bide, qui vous laissent sans voix, le souffle court et la gorge serrée.

Cette nouvelle édition, agrémentée de bonus, constitue une occasion idéale pour découvrir la série si ce n'est pas encore fait.

+ un Vaughan toujours aussi à l'aise sur les longs récits
+ une thématique originale et abordant de nombreux sujets de société
+ une conclusion couillue et émouvante
- un style graphique souvent fade