28 décembre 2014

Entretien avec... Stéphane de Caneva (deuxième partie)

Entre Hellywood, L’affaire de l’Auberge rouge et Metropolis, tu sembles plutôt attiré par les époques révolues.
Il s’agit vraiment d’un hasard. Je suis en réalité beaucoup plus attiré par les histoires contemporaines, voire futuriste... Ceci dit, j’aime beaucoup le film noir et Metropolis comme Hellywood se rapprochent de ce genre d’ambiance. Mais l’aspect historique n’est pas ce qui m’a intéressé en premier lieu sur ces projets.

Quelles différences y a-t-il entre travailler pour un éditeur US, par exemple pour The Rippers #1, et un éditeur français ?
Je n’ai travaillé qu’avec de très petits éditeurs US donc je ne peux pas vraiment établir de comparaison. J’ai surtout fait du work for hire avec les avantages et inconvénients que cela implique. D’un côté, on a très peu de contrôle sur son travail, sa publication, la manière dont il sera colorisé, de l’autre, il y a un rapport assez franc avec l’argent, même sur les petits projets, ce qui est appréciable.

Penses-tu que votre travail sera publié aux USA ?
Le format et le découpage en chapitres s’y prêtent en tout cas. Je sais que La Brigade Chimérique est actuellement publiée en anglais par Titan Books, donc qui sait...

Comment se déroule une journée de travail ? Peux-tu nous décrire ta manière de procéder ?
Je travaille généralement par lots de 4 pages. Je commence par prendre une journée pour étudier précisément le script, regarder comment mettre en place les scènes. Je rassemble les références dont j’aurai besoin, je crée les layouts et je commence à esquisser les planches. À ce stade, la mise en scène est clairement définie et j’étale ensuite la réalisation sur 4 jours. Je n’affecte pas forcément un jour à une planche. Je peux ne pas respecter l’ordre chronologique ou étaler sur plusieurs jours une case complexe en parallèle avec des cases d’autres pages.

Combien de temps mets-tu en moyenne pour réaliser une planche ?
En rythme de croisière, quatre pages par semaine. 

Comment se déroule la collaboration avec le coloriste ? Lui donnes-tu les indications de couleurs ?
Mes indications concernent plus les intentions que les couleurs, en fait. Nous communiquons en anglais donc je commence par résumer ce qui se passe dans le scénario, narrativement parlant. Je souligne les intentions d’ambiance du script et j’ajoute mes propres partis pris si besoin. Dimitris a ensuite toute liberté dans sa manière de traduire ces explications en couleurs. Nous refaisons une passe lorsque les pages sont colorisées, mais il ne reste généralement que des micro-détails à ajuster.

Pourquoi est-ce un artiste différent qui s'occupe de la couverture ? Est-ce pour se rapprocher des méthodes de travail américaines ? Si oui, avez-vous cherché une personne chargée de l'encrage ?
Au moment de réaliser la couverture du premier tome, j’ai clairement manqué d’inspiration. Je travaillais parallèlement sur les pages et je manquais de recul pour synthétiser tout ça. Puis Benjamin est arrivé avec cette idée brillante qui est vite apparue comme une évidence. Il faut une certaine distance pour réaliser une bonne couverture, et un cover artist peut parfois apporter un regard plus pertinent que l’artiste s’occupant des intérieurs. Ça a été le cas ici, même si ce n’est pas vraiment dans les habitudes de la BD franco-belge. Je n’ai rien non plus contre le principe de travailler avec un encreur, mais la question ne s’est pas posée vu mon passage au tout numérique.

D’où est venue l'idée de la page de garde entre les circonvolutions cérébrales et le labyrinthe ?
L’idée est venue de la scène montrant les dessins d’enfant de Faune. On peut voir dans ce symbole son lien à la ville, entre autres choses. La scène en question fait d’ailleurs le parallèle entre ces circonvolutions cérébrales qu’il dessine sans fin et le plan de Metropolis affiché sur le mur. Ce visuel est devenu un motif récurrent à partir de là.

Des futurs projets ?
Principalement Metropolis 3 et 4 mais j’avance aussi sur de petits projets annexes qui devraient bientôt être lisibles en ligne. 

Vous pouvez admirer le travail de Stéphane et vous tenir au courant de ses projets sur :



La première partie de l'entretien est accessible ici